==============================================================================
Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé.
Alors, je ne saurais trop vous recommander d'éviter cet endroit maudit.
Ce blog regroupe mes voyages depuis 2010 et, entre deux, je vous parle majoritairement de la même chose ;-).
•-> Jan 2011 -> Jan 2012 -> Jan 2013 -> Jan 2014 -> Mai 2014 -> Jan 2015 -> Nov 2016
==============================================================================
En ce moment, je suis : en France - au Mexique - Ailleurs
=========================================================================

jeudi 26 décembre 2013

Jaripeo

Ici, jaripeo veut dire "rodéo".


Aujourd'hui, alléché par les alléchantes affiches, j'ai décidé de m'offrir une séance de jaripeo.

Voici comment ça s'est passé :

10:30. Il fait gris et pas chaud. Quand je m'en rends compte, je suis déjà à une certaine distance de l'hôtel que je viens de quitter, alors je décide qu'il n'est pas utile de retourner me vêtir plus chaudement, le temps va sans doute s'améliorer dans l'après-midi.

Je saute dans un colectivo dont j'avais repéré le parcours la veille afin de me faire mener au central camionero (terminal autobus) de Morelia.
Au bout de 10 minutes, je ne reconnaîs pas le décor, alors je m'enquiers auprès du chauffeur et il apparaît que j'ai bien pris le bon colectivo, mais pas dans la bonne direction.
Il me débarque donc, prétend me rendre mes 7 pesos et me recommande de traverser la rue pour monter dans celui qui va dans l'autre sens. Ce que je.

11:30. Au central camionero, il y a 3 bâtiments : le A pour les grandes lignes, le B pour les moyennes lignes et le C pour les trajets locaux.
Comme c'est le jour de Noël, seul un guichet est ouvert dans chaque terminal. Leurs avis divergent quand à la meilleure manière de se rendre à Cuto de Esperanza (car c'est là que je désire me rendre) ou à San Pedro Chicacuaro (mon deuxième choix).

En gros il faut prendre un bus en direction de Chépaou, demander à descendre au croisement de Oucéty, prendre un colectivo de passage pour se rapprocher de Cuto de Esperanza et finir éventuellement à pied ou en stop. 
Oh, eh, holaaaaa, hein !
Moi, quand ça devient compliqué...

J'aborde donc un chauffeur de taxi d'âge plus qu'avancé et nous convenons de l'affaire.
15 minutes, 20 kilomètres et 130 pesos plus tard, je pose le pied dans le centre de Cuto de Esperanza.

13:00. Le centre de Cuto de Esperanza, je ne pouvais pas le louper : l'agglomération est à peine plus grande que ma chambre d'hôtel et beaucoup plus petite que le zócalo de México.
Comme c'est le jour de Noël, seul un vague magasin genre Oxxo est ouvert, et de jeunes rancheros en extraient des caisses de cerveza.
J'en augure que la fête taurine risque d'être fortement arrosée.
Je ne me trompe pas, comme vous l'aller constater pas plus tard que dans quelques instants.


Un brouhaha diffus ainsi qu'une forte odeur animale guide mes pas vers ce que je subodore comme étant le lieu des festivités.
Effectivement. Une arène métallique autant que provisoire est installée, ainsi qu'une scène de spectacle destinée à accueillir la fameuse banda Cruz de la Candelaria.




Les monstrueux Desructores de Memo Ocampo sont en cours de débarquement, dans le calme le plus total. 
Les bêtes sont paisibles et visiblement rêvent à de verts pâturages.

Quand viendra l'heure d'entrer en scène, on leur coincera fortement les balloches au moyen d'une corde très serrée, ce qui provoquera une vive douleur et les ruades giratoires typiques de ce genre de manifestation.
Le malheureux bovidé n'en a rien à secouer du passager clandestin qui s'accroche sur son dos. 
La seule chose qui l'intéresse, c'est de se débarrasser de l'objet qui lui comprime les génitoires.


Ça, j'ai bien peur que cela soit ce que je crois.
Mais pour l'instant, quelques gouttes se mettent à tomber.
De plus en plus fortement, jusqu'à l'orage toutes options, avec tonnerre, éclairs, trombes d'eau...
Les abris sont rares dans le pueblo désert et en moins de temps qu'il n'en faut à un ministre socialiste pour lever un nouvel impôt, je suis trempé de la tête aux pieds.
Je m'en fous un peu d'être mouillé, ma montre et mon APN sont étanches.
Mais il fait froid.

Même la petite coccinelle annonciatrice du spectacle a fini par se taire
15:00. Je choppe un providentiel bus qui brinquebale en direction de Morelia et 14 pesos plus tard je suis revenu à mon point de départ. 
Il pleut toujours et il fait toujours froid.

Pluie dehors et buée dedans : je ne verrai rien du voyage retour.
15:30. Direction l'hôtel pour une douche chaude et une bonne sieste après toutes ces émotions.