Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé. Ce blog est CopyLeft. Toute reproduction, copie, diffusion, par quelque moyen que ce soit, avec ou sans le consentement de l’auteur, est non seulement autorisée, mais fortement encouragée.


vendredi 7 janvier 2011

En route !

Allez, on remet ça.
Ça va encore secouer : les chemin que nous empruntons (on les rend après, hein ?) ne sont pas des routes goudronnées...
En plus je suis dans la camionnette.
C'est pas un 4x4 et plus de première jeunesse.
Heureusement qu'on ne transporte pas des oeufs...

Cette année, l'hiver est particulièrement doux.
Mais il fait bien froid quand même vers 3h du matin.
Les quelques baraques, c'est une des "comunidades" que nous allons visiter.
Le point d'eau, c'est pour la lessive.
De l'eau potable : ya pas.























La Mano Rosa Mexicana

Pour ceux qui ignoreraient encore ce qu'est La Mano Rosa Mexicana :
En gros c'est un petit groupe de bonnevolontaires qui jouent les Rois Mages (c'était aujourd'hui 6 janvier) en distribuant des jouets et des couvertures aux hameaux indigènes et déshérités du Guanajuato.

En échange, on fait provision de sourires pour l'année.

La journée a été radieuse dans tous les sens du terme.
Fatigante aussi, alors pas de reportage. 
Juste quelques photos pour vous faire rêver à la simplicité d'offrir un instant de bonheur.

Rencontre imprévue au détour du chemin. Feliz Reyes Magos !
Accessoirement, on recueille et distribue diverses choses de première nécessité. 
Par exemple des stylos et de la nourriture.
Sous le regard acéré de la doyenne...
Un sourire pareil et nous voici largement payés de retour.
C'est tout pour aujourd'hui : on continue la distribution demain.

Envoyez-nous un message, ça fera plaisir à tout notre petit groupe :
mano.rosamex@yahoo.com

jeudi 6 janvier 2011

Mineral de Pozos

A l'époque de sa splendeur, Mineral de Pozos comptait plus de 70 000 âmes, comme San Miguel aujourd'hui.
Malgré son grand nombre d'habitants, le village était peu étendu, du fait de la grande pauvreté de la population : les mineurs et leur famille s'entassaient dans de petites habitations, des abuelos aux niños.

En 1950, 200 personnes y survivaient. Vous imaginez l'ambiance ?

De nos jours, 4 000 personnes y vivent, disséminées dans ce village semi fantômatisé.
Des efforts sont faits pour attirer le touriste, mais tout reste à faire.
J'ai vu un hôtel quasi luxueux et un ensemble de cabañas perdu dans le désert aux pied des mines.
Faut avoir envie de de saouler de solitude, car il n'y a vraiment RIEN dans le coin...

Pour la balade, je me suis offert les services d'un guide pour moi tout seul.
Départ en bas de chez moi à 9:00 et retour vers 17h, plus tard que prévu car, comme on s'entend bien avec Jaime, on fait pas mal de détours, de contours et on se paye même un chouette déjeuner à la Cantina Mina.


A l'époque où Cortés a débarqué au Mexique, la région était majoritairement peuplée par les Chichimecas et les Huachichiles... 

55 ans plus tard naissait la ville de San Pedro de los Pozos, fondée par les Jésuites.
Puis les gisements furent exploités : beaucoup d'argent, pas mal de cuivre et un peu d'or. 
Du mercure était également extrait et servait sur place à la purification des autres métaux.


Bien sûr, les exploitations étaient dirigées par de riches espagnols exploitant sans vergogne la population indigène (comme à Zacatecas, par exemple).
Ce qui fait que cette activité fut touchée de plein fouet par la guerre d'indépendance, qui naquit à dans la région, justement.

Regain d'activité vers 1850, nouvelle splendeur de la ville, avec école, theatre, restos, auberges, arènes, bordel...
Puis révolution Mexicaine, déclin et fermeture définitive. 

L'eau — principal ennemi du mineur — n'étant plus pompée envahit les galeries et les quelque 350 mines furent inondées. 
D'autant que nombreuses communiquaient par le biais de multiples galeries.


Les richesses souterraines sont toujours là, mais plusieurs raisons s'opposent à leur ré-exploitation :
- L'eau a tout envahi, rendant impossible l'exploitation en l'état.
- Il faudrait creuser des mines à ciel ouvert, ce qui est interdit par la loi pour des raisons de protection du biotope
- Ça coûterait trop cher.
- Les chemins d'accès font des détours, assimilés au détournement de mineurs.


Niveau artisanat, il n'y a pas grand chose à Pozos.
Quelques fabricants d'instruments de musique pré-hispaniques, une abuelita fabricante de poupées vêtues de costumes régionaux mexicains, des minéraux extraits localement. Comme la région est un peu volcanique, on trouve de belles pièces d'obsidienne. 


Soit sous forme d'éclats taillés à la mode préhistorique et tranchants comme du verre. 
Soit sous forme polie, à des fins thérapeutiques... 
J'opterai pour une pièce d'obsidienne noire trabajada, l'indienne vendeuse m'en ayant fait l'article de manière très convaincante : en cas de maux de tête, on se passe la pierre sur la tête. En cas de maux de poignet itou. De genoux, pareil. De dos, également (faut être deux). Et pour les doigts aussi. 
Je suis sûr qu'ils y a d'autres endroits où se frotter d'obsidienne.

Anecdote :
En chemin pour Mineral de Pozos, on roule sur la Faille de San Andrea qui traverse la chaussée et les vastes étendues de culture maraîchère environnantes (oignons, carottes, salades, calabazas...).
Physiquement, la faille représente un petit dénivelé de quelques centimètres, mais la ligne presque droite qu'elle forme est clairement visible à travers route et champs.

mercredi 5 janvier 2011

La Puerta © Bernardito

Déjeunant aujourd'hui dans un petit resto du centre de San Miguel, face à la porte et en attendant ma pitance, j'ai eu l'idée incongrue de photographier aléatoirement les gens qui passaient devant cette ouverture.

Pas de préparation possible, je ne les voyais pas arriver et ils n'étaient visibles que pendant 1 seconde.
Techniquement, j'avais calé mon APN sur la distance approximative du trottoir et dès que je voyais apparaître une silhouette, je déclenchais le déclencheur.

Le résultat est sympathique et surprenant (images cliquables) :

Etc.
Vous croyez que c'est une idée d'expo ?
On a vu pire comme concept, non ?

Ah bon.
Même en noir & blanc ?
Bon tant pis.

mardi 4 janvier 2011

Escobedo Gare

A 80 mn de SMA, village construit autour de sa gare.
Bien sûr, il s'agit de trains de marchandises.
Il y a bien longtemps qu'il n'y a plus de transport ferroviaire de voyageurs au Mexique, sauf le train pour touristes alcooliques de Tequila et celui du Cañon del Cobre, Chihuahua - Los Mochis.

L'ancienne gare de voyageurs d'Escobedo est toujours debout et c'est un bobâtiment.
A l'abandon, certes, mais un bobâtiment quand même.


Ayant fini d'enfoncer (sans trop d'efforts) une porte dudit édifice, je pénètre dans une ambiance gare-fantome à forte odeur de pipi.
Les vestiges permettent cependant de se replonger dans cette ambiance popularisée par les westerns :


Comme les passages à niveau ne sont ni gardés, ni barriérés, les trains trompettent fortement et longuement.
En gros, ça fait un boucan d'enfer.

Escobedo Eglise

Pour un petit village comme Escobedo, l'église est imposante.
Extérieur assez hétéroclite et intérieur stupéfiant de volume et de modernitude.
Du marbre partout et une déco fort design, voire de bon goût.


Comme j'aime me faire discret pour sacar mis fotos, je m'assois sur un banc dans un coin afin de bidouiller mon Canon.
Dans un silence absolu, une vieille dame enveloppée dans son rebozo s'approche et, sans un mot, me tend une bougie allumée puis se barre.


Me voilà bien emprunté avec ma bougie dans une main et mon Canon dans l'autre...