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Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé.
Alors, je ne saurais trop vous recommander d'éviter cet endroit maudit.
Ce blog regroupe mes voyages depuis 2010 et, entre deux, je vous parle majoritairement de la même chose ;-).
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dimanche 20 octobre 2013

Au Bonheur des Orgues

Alors aujourd'hui, je me suis déterré de mes montagnes pour descendre à la Grand'ville, afin de renouer avec la tribu Malaussène, récemment déménagée du roman de Daniel Pennac pour l'affiche du film éponyme "Au Bonheur des Ogres", d'où le malicieux jeu de mots en titre.

Comme à l'accoutumée, épicuriens que nous sommes, nous nous mettons en quête d'un restaurant alléchant afin de nous préparer sereinement à passer deux petites heures dans le noir.


Collégiale St. André, place du même nom, Grenoble
Déambulant dans la vieille ville de Grenoble, nous oyons de puissants effluves musicaux s'échappant de la Collégiale St. André où, comme vous ne l'ignorez pas, reposent les restes du Chevalier Bayard.


Pierre Terrail, Seigneur de Bayard
Nous investissons le lieu saint, croisant par la même occasion les fidèles profitant de la fin de l'office pour s'échapper, l'âme sereine.
Les grandes orgues (1439) sont en train de se déchaîner et l'église vibre d'une mélodie majestueuse qui me prend illico au niveau du plexus.

Debout au pied de l'imposant instrument, nous écoutons sans moufter le musicien invisible, que j'en viens même à me demander s'il ne s'agit point d'un enregistrement, tant la maîtrise semble farpaite.



La mélodie est inquiétante, voire angoissante et le crescendo savamment orchestré.  

Le morceau se termine et je me retiens d'applaudir, peu familier des usages en vigueur dans ce type d'édifice.
Encore sous le choc de l'émotion, nous trainaillons devant l'église, à commenter cette aubaine musicale, quand j'avise un grand et fin monsieur tout de noir vêtu qui ajuste ses pinces à vélo, une petite sacoche de cuir élimée fixée sur le porte-bagages de son bicycle. 

Tiens, m'apartès-je, il doit s'agir de l'organiste, pourquoi ne pas le féliciter de la félicité que nous lui devons et s'enquérir de quoi t'est-ce-que le morceau qu'il vient de si magistralement et si gratuitement interpréter.

Visiblement fort satisfait de mes manifestations d'enthousiasme, il me confie que le morceau en question est la Toccata de Léon Boëllmann.

Que voici :

Léon Boëllmann - Suite gothique, op.25 - 4. Toccata