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Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé.
Alors, je ne saurais trop vous recommander d'éviter cet endroit maudit.
Ce blog regroupe mes voyages depuis 2010 et, entre deux, je vous parle majoritairement de la même chose ;-).
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En ce moment, je suis : en France - au Mexique - Ailleurs
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lundi 20 décembre 2010

Posada Navideña

Les posadas, "auberge" en espagnol sont des fêtes du catholicisme espagnol qui commémorent pendant les 9 jours précédant Noël, les pérégrinations de Joseph et Marie à la recherche d’une… auberge sur leur chemin vers Béthléem.

La tradition a été instituée par les religieux espagnols à l’époque de la Conquête afin de détourner les Mexicas de la fête de naissance du dieu de la guerre Huitzilpochtli, qui se célébrait précisément du 17 au 26 décembre !

Depuis, la coutume est restée de reproduire la scène de l’arrivée de Joseph et Marie à la porte d’une auberge.  ICI

Posada du 19 décembre à San Miguel de Allende : 
Il est 19:20, il fait nuit noire, c'est la pleine lune.
La procession doit démarrer à 19:30, c'est l'instant des derniers préparatifs.


Les figurants, des enfants au nombre de 3, Marie, Joseph et un ange, sont attachés à l'arrière du camion, pour des raisons de sécurité. 


Les musicos accordent (!) leurs instruments.


Une petite troupe s'assemble gaiement et s'aprête à suivre le char.
On en est là des préparatifs quand l'affaire se gâte.
Une deuxième procession investit la rue, venant en sens inverse : des indiens déchaînés qui dansent au son des tambours.

 
 

Suivant les Indiens, une châsse contenant un Jesus est transportée par des transporteurs de châsse.


Fermant la marche, un joyeux groupe de Marios danse au son de la salsa diffusée par des hauts parleurs, ce qui, ajouté aux tambours indiens produit une cacophonie tout-à-fait effroyable.

Toute la troupe marche vitement et le conflit avec l'autre procession me semble inévitable, d'autant que la rue est juste assez large pour permettre la circulation à sens unique.
La raison me dicte d'aller me mettre à l'abri dans la plus proche cantina, mais ma conscience professionnelle autant que journalistique me commande de rester au contact de l'évènement, au péril de mon intégrité physique.

Le choc est effroyable.
La décence m'interdit de vous montrer ces images et de vous narrer (car je suis un narrant) les détails de l'affrontement.
Bref, au bout de quelques minutes les adversaires se séparent, chacun reprenant son chemin.

Le sol est jonché de plumes et de fausses notes.

Je prends le parti de suivre la Posada, c'est quand même pour ça que je suis venu, hein ?
Nous nous ébranlons donc mutuellement, dans la joie et la bonne humeur.


Le long du chemin, est massée une foule importante qui nous jette des paquets de bonbons, des tranches de jambon, des pains de glace, du pozole, des tortillas de carne deshebrada, des postes de télévision, des rouleaux de papier hygiénique, des photos dédicacées de Sa Sainteté le Pape à Noël, des lecteurs mp3, des numéros de téléphone, des histoires drôles, des sortilèges, des bouteilles de t'es qui là, des confetti et des feuilles de nopal.
Plus divers objets non identifiés.

Finalement, tout le monde se retrouve sur le Jardín (on ne dit pas zócalo, à San Miguel) face à la Parroquia et se réconcilie en chantant et dansant, chacun sa musique et sa danse…
 

Il y a encore l'autre psychopathe qui est là avec sa blouse d'infirmière et sa balayette des chiches et qui arrose tout le monde.
Cette fois, je reçois bien 12 litres d'eau dans la figure.


Enfin le calme revient et tout les participant à la sauterie investissent l'église pour la messe dominicale.
Ils en ressortiront une heure et demie plus tard, juste avant le son et lumière sur la façade de l'église, mais ceci est une autre histoire.