Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé. 

Ce blog est CopyLeft :
Toute reproduction, adaptation, copie, diffusion, intégrale ou partielle, par quelque moyen que ce soit, avec ou sans le consentement de l’auteur, est non seulement autorisée, mais fortement encouragée.

Pour tourner les pages de ce blog :
Utiliser les liens tout en bas "Articles plus récents" ou "Articles plus anciens".

lundi 25 mars 2013

Autodafé

Bon je sais, ce n'est plus d'une actualité brûlante (héhé), mais vous allez voir que si, un peu, quand même...

Florence Cassez, vous vous souvenez ?

Si, vous savez bien : la pôv'malheureuse qui a passé quelques années en prison au Mexique sous de fallacieuses inculpations d'enlèvement, torture, port d'arme et autres bricolettes, et qui a finalement été libérée pour vice de procédure fin janvier ?

Mais si, allooons, celle pour qui M. Sarko a failli déclencher une guerre mondiale entre le Mexique et la France ?

Celle que, depuis qu'elle est rentrée, tout le monde s'approprie sa libération ?
(Sauf les mexicains, hein, qui se sentent quelque peu spoliés dans l'affaire).

Ça y est ça vous revient ?

Eh bien la Miss elle se la joue profil bas en attendant la publication de son deuxième livre (60 000 exemplaires pour le premier), sa prochaine exposition de peinturages et sans doute le tournage du film de son extraordinairissime aventure.

Et pendant ce temps là, au Mexique :

En février, pour Mardi Gras, a lieu le Carnaval de Mazatlán.
Et devinez qui en était la vedette cette année ?


Eh oui, le pantin de papier de FC a été brulé afin "d'exorciser la mauvaise humeur", selon la tradition locale.

Noter les pattes griffues foulant la balance de la justice, le visage mauvais, l'appareil photo (symbole de sa surmédiatisation), l'écharpe tricolore et le déguisement de chat rose (panthère rose ?)…



Avant son immolation ignée, le pantin a été bruyamment promené par les rues de Mazatlán aux cris de "JUSTICE".







En lisant les comptes-rendus de cette innocente mascarade, on constate que Mlle Cassez est affublée de sobriquets du genre "Personne la plus détestée du pays".

Personnellement, je n'ai pas rencontré ce genre d'extrémisme dans mes fréquentations, ni au Mexique ni en France. 

"El Mal Humor es un monigote de grandes dimensiones que caricaturiza al personaje o institución a quien se le atribuye el origen de los males padecidos por los mazatlecos durante el año. La figura es incinerada para exorcizar el mal humor". 
http://www.noroeste.com.mx/publicaciones.php?id=842345



Au départ, j'avais choisi comme titre à cet article : "Florence Cassez - Jeanne d'Arc, MÊME COMBAT". Mais c'était trop long.

dimanche 24 mars 2013

Encore une histoire de culte...

Ou plutôt une guerre de religion méconnue.

Le Mexique est un pays à forte majorité catholique (83-90% de la population selon les sources), mais ça n'a pas toujours été du gâteau.


Dans les année 20, l'état mexicain était fortement anticatholique, ayant même fait voter des lois intéressantes : 

          Exercice du culte interdit ailleurs que dans les églises,

          • Port des habits ça sert d'auto interdit dans les lieux publics,

          • Pas de droit de vote pour les prêtres,

          • Interdiction aux prêtres de commenter les affaires de l'état,

          • Restriction des droits de l'Eglise à la propriété...

Les Mexicains, qui sortaient tout juste de la révolution, elle-même suivie de la guerre civile, ont trouvé là une nouvelle raison de conserver les armes et ainsi a vu le jour la Guerre des Cristeros, ou Cristiada.



Il se passe plein de choses amusante durant cette période : 

Par exemple l'armée gouvernementale prend des églises d'assaut en tuant ceux qui s'y trouvent, exécutent des prêtres...



Dans le camp d'en face, les cathorebelles s'organisent au nom du Christ et leurs glorieux cris de guerre sont "Viva Cristo Rey" et "Viva la Virgen de Guadalupe".

Pie XI, le pape de l'époque (heureusement qu'il n'avait pas choisi le N° VII) envoya un émissaire qui fut expulsé d'un coup de pied au culte.

Des prêtres ont pris une part active aux combats. 
Le plus connu est le prêtre-général Vega, fort buveur, ignorant le voeu d'abstinence, attaqueur de trains et tueur de civils. 
Pas très populaire, mais efficace.




On verra même la création d'une brigade féminine (plus de 20 000 dames, heing) dont les responsabilités seront essentiellement l'obtention d'armes et de renseignements pour le compte des Soldats du Christ.



Un des Cristeros sympa : le général Victoriano Ramírez, dit "El Catorce". 
Son surnom de "quatorze" lui vient de l'anecdote suivante : 
S'échappant de la prison ou il était enfermé pour tentative de meurtre, il fut aussitôt pris en chasse par un escadron de 14 hommes, qu'il tua aussi sec. 
Puis il ramassa les armes des 14 défunts et les envoya au gouverneur de la ville avec un petit mot rigolo où l'on pouvait lire "la prochaine fois fois, n'envoyez pas si peu d'hommes à ma poursuite".
Sa grande gueule lui vaudra d'être abattu par ses propres compagnons en 1929.



Un des héros de cette guerre : José Luis Sanchez del Rio, petit fanatique embrigadé dans les Cristeros et torturé / tué à l'âge de 14 ans.


Mais tout est bien qui finit bien : il sera béatifié sous le règne de Benoît Seize et son petit corps meurtri repose dans l'église de son village, à Sahuayo, Michoacán, dont il est la gloire. 


Le conflit cessera en 1929 et chacun sera désormais libre de faire ce qu'il veut de son culte. 

Résultat des courses : 90 000 morts.



Je viens de mater le film en VO, cause que la VF n'existe pas.
Il se dit sur la toile que le film est trop proche de la réalité historique pour espérer une sortie en France, l'intelligentsia gauchisante qui préside aux destinées des oeuvres cinématographiques voyant d'un mauvais oeil une autre mise en évidence des exactions d'un gouvernement de gauche.

C'est bien dommage parce que c'est un grand film. ICI

[Edit 4 avril 2013] Je viens de rencontrer la version française (Canada) pas plus tard qu'aujourd'hui. Titre : "L'honneur et la Gloire". Toujours pas sorti en France.

samedi 23 mars 2013

Tortillas transgénicas

Personne n'apprendra rien si je dis que la culture du maïs est une activité vivrière au Mexique.
Les communautés paysannes sont nombreuses à cultiver le maïs, pour une raison bien simple de subsistance alimentaire (le manger de base, pour les mal-comprenantes).


Création de l'homme à partir du maïs, légende Maya,
F. Pacheco, Mérida, Yucatán
Je ne sais même pas si d'autres pays plantent/consomment davantage de maïs que le Mexique.

Ce que vous ne savez peut-être pas, c'est que le maïs est originaire du Mexique, voyez-vous ?
Et que la France est le premier exportateur Européen de maïs.


Maiz blanco, pour la confection du Pozole,
soupe dont au sujet je ne vous dis pas... Hummmmm !

Dans le reste du monde, le maïs sert en majorité à l'alimentation animale et à la confection de sous-produits alimentaires pour les zumains.
Et aussi comme matière première dans l'industrie chimique, à ce qu'il paraît : on m'a parlé de polystyrène expansé élaboré à base de maïs, avec comme preuvalapui la voracité des poules à qui l'on donne à becter un morceau de polystyrène... Et aussi la ressemblance avec le pop-corn... Mais bon, hein...

Aliment de base pour les Amérindiens, comme le riz pour les Asiatiques, le hamburger pour les Zétazuniens ou le couscous-poulet pour les Français, le maïs est la première céréale au monde en terme de production.

Maintenant, on va moins rigoler :

"Compte tenu des enjeux économiques très importants qu’il représente au niveau mondial et particulièrement aux États-Unis, le maïs est un champ d’application privilégié pour les OGM (80 % du maïs aux États-Unis contient des traits génétiques sous licence de Monsanto). Des variétés modifiées génétiquement pour résister à des herbicides ou à certains ravageurs tels que la pyrale ont été produites par les grands semenciers internationaux, notamment Monsanto, mais leur culture et/ou leur importation est interdite par certains États.
Il existe des zones protégées où la culture de maïs de consommation est soumise à dérogation et qui privilégient donc la production de semences de maïs, facilitant ainsi l'isolement des parcelles et une éventuelle contamination par le pollen. Leurs limites sont définies par arrêtés ministériels.
Dans les parcelles où on plante des variétés OGM, on conserve toujours à proximité du champ une parcelle dite « refuge » plantée en semences conventionnelles, afin de permettre le croisement entre insectes soumis à l'OGM et insectes non soumis. Cela limite la possibilité pour l'espèce cible de multiplier des sujets résistants à l'OGM."  

Depuis quelques années, le gouvernement mexicain favorise l'implantation et le développement du maïs OGM sur le territoire national, au détriment de la santé voire de la survie des communautés indigènes.
A lire si le sujet vous intéresse ou si vous ne mangez pas de maïs : ICI


vendredi 22 mars 2013

Mariposa


Le Monarque est un papillon migrateur qui voyage deux fois par an, en groupe de plusieurs millions d'individus, et qui a coutume de s'arrêter au Mexique pour y passer l'hiver dans les forêts de sapins du Michoacán.
Après, ils retournent dans le sud de la Californie, avant de revenir, etc...
Le Monarque est un petit malin ! 
Afin d'échapper à la gloutonnerie des papillonivores, il se rend impropre à la dévoration en consommant, au stade chenillesque, la plante toxique qui lui sert de refuge (l'asclépiade).
Eh bien malgré ça, nos pôv'petits Monarques voient décroître fortement leur population.
Les causes en sont connues et habituelles : industrialisation de l'agriculture, usage intensif de désherbants et d'insecticides, déboisement, bref toutes les inepties parfaitement maîtrisées par la bêtise humaine.


Cet article est dédié à mon amigo Tortuga qui, comme son nom ne l'indique pas, est un lépidoptèriste internationalement reconnu.

Tout savoir sur le Monarque ICI

mercredi 20 mars 2013

Papel Amate


A Lyon, en ce moment, 
une exposition de Papel Amate

Excellente information, 
pêchée à cette excellente adresse :



"Ce papier se fait à base de l’écorce de l’arbre de jonocote – aussi connu comme amatl, en langue nahuatl – et si bien le procédé c’est toujours le même, la façon de le travailler se réinvente pour allier modernité, spiritualité et tradition, créant ainsi des pièces d’artisanat fin avec un concept contemporain."

Fuera del Cielo

Ayant passé un bon moment avec Viva Zapata (article ci-dessous plus loin après), je me suis dit comme ça "je vais enchaîner avec un autre film sur le Mexique, que j'ai dans mes archives sans l'avoir jamais zieuté".

Ce que donc je fis.





Film Mexicain, 2006, de et avec des gens que je ne connais pas mais qui ressemblent aux gens que je rencontre au DF.

Il ne se passe pas grand chose et la fin est à la hauteur du film : désespérante, noire et injuste.

Pour ne rien vous cacher, c'est pas le genre de film qui donne envie d'aller faire la fête.
Désoeuvrance, cancer, drogue, prison, corruption, prostitution, violence, enlèvement... avec comme décors la ville de México, mais pas les beaux quartiers, hein. 
Ça ne se passe pas à Polanco ou Coyoacán, plutôt à Tepito* ou Doctores**.

Ce film m'a rappelé "La Zona", sortie un peu plus après.


* Tepito
Quand on traverse ce quartier en voiture on verrouille les portières.
L'amigo qui m'y a emmené m'a dit : si tu veux acheter un lance-roquettes, 30 kg de dope ou un petit garçon : c'est ici.
Un article intéressant sur Tepito ICI

** Doctores
Jouxtant le Centro Historico. Abrite la Arena México, cathédrale du Catch à la Mexicaine. 
Pour les baraputes, les cabarets crados et les hôtels de passes, c'est ici aussi. 
M'y étant fourvoyé à la tombée de la nuit, un soir de pluie, une grande brune aux cheveux raides et chutant largement au dessous des épaules sur son ensemble de cuir noir, s'approche de moi en roulant des hanches et me demande au travers de la fumée de sa cigarette où se trouve la plus proche station de métro.
Sa voix de baryton m'a immédiatement mis en évidence la barbouze bleuissant le crépi qui lui fardait les joues.
On n'a pas papoté longtemps, j'avais à ferrailleur !
Et vite...

mardi 19 mars 2013

¡ Viva Zapata !


Le film est une biographie romancée de Zapata, mais dans l'ensemble on y trouve bien les repères historiques.
Déjà on peut observer la manipulation des zompolitiques par le magouilleur Etazunien.


Dans une chouette scène où Emiliano s'engueule avec son frère Eufemio (Anthony Quinn), ce dernier crie son incompréhension : 
Le président Porfirio Dáz s'est enfui aux Etats Unis ainsi que le Général Huerta, vaincu par les troupes de Zapata et tous deux vivent comme des princes. 
Alors que les pôv'peones zapatistes restent dans leur misère...




Film d'Elia Kazan, 1952. 
Prix d'interprétation à Cannes pour Brando, Oscar du meilleur second rôle pour Quinn, Oscar du meilleur scénario pour Steinbeck.


En janvier dernier, je me trouvais dans le Morelos, état du Mexique et berceau de la révolution autant que de Zapata, Emiliano y ayant passé son enfance.

Mon ami Paco m'a dit que les seuls noms qui comptent au Mexique sont Emiliano Zapata et Pancho Villa. Il en avait un troisième, mais je ne m'en souviens plus.

Ci-dessus : autel permanent à Emiliano Zapata, Tlayacapan, Morelos.
Ci-dessous : dans ce même pueblo, le QG d'Emiliano.