Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé. 

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mercredi 30 janvier 2013

Cecina de Yecapixtla

A Yecapixtla, Morelos, il y a un monastère, un marché, un zócalo et de la cecina.


Vous savez tous ce que c'est qu'un monastère, un marché et un zócalo.
Alors je vais vous parler de la cecina.

Il s'agit d'une spécialité de viande de boeuf (dans l'état de Morelos, mais ça peut aussi être du porc, j'ai même entendu parler de lapin), tranchée très très fine, salée et laissée à l'air libre une petite semaine.



L'habileté du boucher consiste à en faire des très très grandes bandes, comme des accordéons de papier découpé. La bande déployée atteint facilement les 100 centimètres.



La cecina se consomme à divers degré de séchage, mais le plus courant c'est encore de la faire cuire comme des steacks très très fins. 
On peut aussi la hacher très très menu et la servir en tacos. 
Ou sur des huarraches. 
Il paraît qu'on peut la trouver très très sèche, qui se consomme comme une charcuterie, mais j'en ai jamais vu.



Généralement, les étalages de viande crue, particulièrement dans les marchés, sont source d'odeurs très très spéciales, pour ne pas dire franchement écoeurantes. 
Eh ben là non. Même pas plus de mouches qu'ailleurs.
C'est le traitement en salaison de la bidoche, vous croyez ?

Et hop ! à la poêle avec un bout de chorizo 

lundi 28 janvier 2013

Musée du Monde Maya, Mérida, Yucatán

"Le Musée du Monde Maya souhaite faire prendre conscience à la population locale de la richesse culturelle de leur propre passé. C’est un musée qui doit rompre avec les stéréotypes de ce genre d’édifice en montrant la culture Maya non pas comme un vestige archéologique mais une culture toujours vivante et qui évolue."

A Mérida, Yucatán, se trouve depuis peu un étrange édifice, résolument moderne dans ses extérieurs, censés évoquer le Ceiba*, arbre sacré des Mayas.
A mon avis, c'est raté...



L'ouverture de l'édifice a été laborieuse, jugez plutôt : 
L'inauguration officielle, avec pose de plaque et tout et tout a eu lieu 
le 24 septembre 2012. 
Puis le Musée est resté fermé.


Une date clé a été choisie pour l'ouverture au public, en raison de son importance dans la cosmologie Maya : le 21 décembre 2012, autrement dit Baktún 13, autrement dit "la Fin du Monde".
Connaissant l'organisation hasardeuse des Mexicains, et comme je passais par hasard devant le musée le 20 décembre, je me fais confirmer par un garde que l'ouverture est bien prévue pour demain, hein, il n'y a pas de changement, hein, dites Monsieur ?
La réponse est à la hauteur de mes doutes, mais dans l'autre sens : 
— Le musée est ouvert depuis le 14 décembre, vous pouvez y accéder là-maintenant-tout-de-suite.
Alors j'accède.

L'espace est vaste : 1 600 m2 d'expositions permanentes au RDC, ça se visite pas en 5 mn. Des gardiens et gardiennes de style parapolicier sont postés à l'entrée et à la sortie de chaque vaste salle, vous ouvrent les portes d'entrée et celles de sortie (c'est pas les mêmes), appellent par talkie les préposés à la salle suivante qui vous prennent en contact visuel et vous ouvrent la porte etc.

Exemple de déformation crânienne, du dernier chic
C'est quand même pas l'affluence, hein ?
La visite commence par une projection à 180° qui nous conte l'histoire de l'apparition de la vie sur terre et la chute de la météorite de Chicxulub (fin du crétacé, météorite de 10km de diamètre, cratère de 200 km, extinction des dinosaures).

Puis s'enchaînent des salles vastes et lumineuses qui exposent des milliers de pièces, originaux et copies, sculptures, peintures, reconstitutions, broderies...


L'invention du hamac, c'est pas d'hier, hein ?
Reconstitution de Bonampak
Yapudpeku, dieu des toilettes
Evocation du gigantesque autodafé des années 1560,
orchestré par le moine fanatique Diego de Landa, qui fit détruire par le feu
près de 70 tonnes de documents Mayas.
C'est en grande partie à cet empaffé en soutane que l'on doit notre ignorance du monde Maya.

Reconstitution de Chépluou
Fumer nuit gravement à votre santé
Installation d'un monument qui sera inauguré demain par Le Président Quique Peña Nieto...

...Ce qui explique peut-être l'ambiance soldatesque qui règne
autour du musée...





* Le ceiba est un arbre de grandes dimensions, produisant la fibre imputrescible nommée "kapok". 
Alors nommé "Yaxche", il fournissait aux âmes des morts une passerelle fort pratique entre l'inframonde (les racines) et le monde supérieur (les hautes branches), en traversant le territoire humain du monde intermédiaire (le tronc). 
Son gros tronc adopte fréquemment une forme de croix, ce qui aurait favorisé l'adoption du 
logo des chrétiens. 
On l'appelle aussi "fromager", mais il ne donne pas de fromage. 
Ce sont les vaches et les chèvres qui donnent du fromage.

dimanche 27 janvier 2013

Anecdotes 2

Dans un restaurant Argentin (México), réputé pour la qualité de sa viande, nous demandons un assortiment de viandes grillées avec des frites.
Les assiettes de frites arrivent rapidos mais de viande, point.
Au bout d'un moment de refroidissement des frites, j'explique au serveur que nous avons pour habitude de manger la viande avec les frites.
Il est mort de rire.
Nous aurons la viande une fois les frites terminées.

J'achète un blouson en cuir (León), fort seyant, et comme les poignets sont un peu larges, je demande à faire poser deux boutons-pression supplémentaires.
— Ça, on ne fait pas mais vous pourrez aller au marché des cordonnier, c'est à deux pas, voici l'adresse. Il faut attendre demain car c'est fermé aujourd'hui.
Je m'y rends illico, y trouve quelques échoppes ouvertes et un jeune cordonnier qui me manufacture l'opération sur le champ et fort proprement pour la modique somme de 10 pesos, que je double à notre plaisir mutuel.

Le musée des Arts (Oaxaca) me présente porte close, ce qui m'étonne pour un lundi.
A 50m, j'aperçois deux policiers en faction. Je vais m'enquérir :
— Non non, c'est ouvert, me confirment-ils à l'unisson.
Je retourne au musée, hèle une fonctionnaire fonctionnant de l'autre côté des grilles, qui s'approche et m'informe que le musée est fermé tous les lundis.
Chemin-repartant, je livre l'information aux deux poulets, qui n'en ont rien à cirer.

Nous sommes conviés pour le petit déjeuner (México) à 9h chez une amie.
Par politesse on arrive à 10h.
Elle nous ouvre la porte affolée : Mais vous êtes déjà là ! Je ne suis pas habillée ! Vous êtes les premiers ! 
Finalement, on petit-déjeunera à midi, au restaurant, fort agréablement ma foi.

vendredi 25 janvier 2013

Anecdotes 1

Au SuperMarché (México), je demande où se trouve la salsa verde de marque Mi Viejita.
— Vous remontez l'allée centrale jusqu'à l'allée 3, non 4, oui c'est ça, la 4, vous tournez à gauche et quelques mètres plus loin, c'est sur votre droite.
— Merci beaucoup.
— De rien. Mais on n'en a plus.

J'essaie des trainings (León) en cuir noir pointure 25 et, dans le but d'augmenter mon niveau de confort, demande à essayer une pointure supérieure.
La vendeuse s'absente quelques secondes et revient avec un carton contenant une pointure 26, mais ce n'est pas le même modèle, même si les pompes sont noires.
Je lui explique que je désire le modèle initial avec juste une pointure supérieure.
Elle me regarde fixement, comme si j'étais un extraterrestre, puis s'absente un (très) long moment avant de me rapporter le bon modèle à la bonne pointure.

Nous attendons des amis (México) à 10h, afin d'aller ensemble au marché d'artisanat de La Ciudadela. 
A 10:30, nous appelons pour prendre des nouvelles : Elle est allée à un RDV chez le médecin et après ils doivent passer voir sa mère, et après ils viendront nous chercher.
On a bien fait d'y aller sans les attendre : ils ne se manifesteront qu'à 17h et ça fait longtemps qu'on est revenus.

A l'office du Tourisme (Mérida), je me renseigne sur les éventuels événements liés à Baktún13 (la Fin du Monde). 
L'employée est dépassée par l'ampleur de la question.
Elle consulte sa collègue qui ne voit pas non plus de quoi je parle.
J'insiste en lui demandant si par hasard elle ne possèderait pas un exemplaire de la brochure gratuite éditée plusieurs fois par an, "Yucatán Today".
Un éclair de compréhension allume son regard. Elle glisse la main dans son tiroir et me tend victorieusement le dernier numéro de la brochure par moi demandée.
Je la parcours et ne trouve que de rares allusions à l'événement.
Alors j'insiste, étonné : vous n'avez pas un programme spécifique lié à Baktún 13 ?
Alors-là, c'est le rayonnement absolu ! Le grand déclic de compréhension universelle ! L'explosion du génie enfin révélé !
Elle reglisse sa main dans son tiroir et en ressort une plaquette intitulée "Programa de Eventos del 14 al 22 de Diciembre".
Victoire !

mercredi 23 janvier 2013

Florence Cassez

"La Cour suprême du Mexique doit se prononcer aujourd'hui sur une proposition d'annulation de la condamnation de la Française Florence Cassez à 60 ans de prison pour enlèvements, après plusieurs violations avérées de la procédure."
http://www.liberezflorencecassez.com

Depuis 7 ans, la Miss est en taule au Mexique pour enlèvement et séquestration.
Les politiques Français sont bien embêtés avec cette patate chaude, et ont provoqué, par leur maladresse, l'annulation de l'Année du Mexique en France (2011).
D'autant que la famille Cassez en France est assez influente...

Ce qui me gène un peu dans cette affaire, c'est que les arguments avancés pour motiver sa libération sont les vices de procédures et autres mises en scène commis par la police/justice Mexicaine.

Il me semble que la seule vraie question à se poser serait plutôt "coupable ou innocente ?".

Mais bon, Melle Cassez ne perd pas son temps en prison : elle peint et écrit des chansons :




"LA JARRY est l'un des groupes de rock français qui tourne le plus actuellement. Ce 4e album intitulé "Radio Robot" a été enregistré au mythique Sun Studio de Memphis, USA. Un son rock, moderne et en français caractérise ce nouveau disque. On notera le titre "Marques d'amour", co-écrit avec la Française Florence Cassez depuis sa cellule de la prison de Mexico City."

http://www.cdmail.fr/affich_fich.asp?refcdm=TMB496984




lundi 21 janvier 2013

Le zoo de Moctézuma

Suite à l'article sur la Torre Latino Americana (plus bas sur cette page), Delfina m'a questionné sur le zoo de Moctézuma, à l'emplacement duquel fut construite ladite Tour.
A titre d'explications, je citerais ces quelques lignes, extraites de l'ouvrage d'Albert Staline "Lui, Moctézuma ; Je l'ai bien déchu".
C'est Hernán Cortés qui raconte. A cet instant du roman, il détient prisonnier Moctézuma, l'empereur Aztèque qu'il a capturé sans (encore) coup férir.

"(...) La cellule de Moctézuma est luxueusement aménagée et je le laisse libre d’aller et de venir, privilège dont il n’abuse guère, passant la majeure partie de la journée vautré sur des coussins, à grignoter, rêvasser ou à se faire sucer par de jeunes gens.
Nous sortons parfois, faisant palanquin commun et accompagnés d’une garde réduite. Il me fait les honneurs de la cité (Tenochtitlán - México - NDB) qui m’apparaît chaque fois plus grande et plus belle. Un jour il me convie à la visite de son zoo personnel. 
La chose est à classer dans la catégorie « extraordinaire », jugez donc :
Dans un luxe de décoration, Moctézuma s’est offert un chouette zoo privé. Difficile d’évaluer la surface au sol de l’établissement mais c’est vaste. Trois grandes zones sont distinctement séparées, chacune dédiée à une grande espèce. Des centaines d’esclaves surveillent, nourrissent, bichonnent, lavent. On pourrait manger par terre tellement c’est nickel-chrome. Et même pas ça pue, c’est vous dire.
Zone un : les zoziaux. 
Soit en cage individuelle, soit en volière de groupe, oiseaux de mer ou de rivière, il y a là toutes les espèces que l’on rencontre en Europe, plus de nombreuses autres que je ne connais pas. Chaque cage fait bien cinq mètres de haut et se trouve close, sur le dessus, à moitié par un filet, à moitié par des tuiles de terre (Adobe - NDB). On sent dans la variété des espèces représentées une volonté non pas d’exotisme, mais d’exhaustivité : certaines cages contiennent de simples poulets ou dindons, d’autres des perroquets multicolores, d’autres de petits volatiles au charmant pépiement et d’autres enfin hébergent de hideux rapaces au coup déplumé et au crâne chauve qui me rappellent Sauniez, un de nos ex-compagnon qui avait trouvé la mort de façon fort divertissante dans le tome 1.
Visite amusante, mais bon, les oiseaux, faut être amateur. Pour ma part, sorti d’un bon dindon rôti, hein ?
Dans la zone deux, sont regroupés les animaux dangereux. 
Les cages, plus vastes et plus solides renferment un ou plusieurs animaux d’une même espèce et encore une fois, l’échantillonnage est impressionnant : jaguars, lions, tigres ou je ne sais quoi, renards, loups, gros chats à l’air sournois, crocodiles. Tout ce brave monde est logé style quatre étoiles, avec reconstitution du milieu naturel, eau chaude à tous les étages et mini bar garni. La nourriture semble provenir en tout ou partie des pensionnaires excédentaires de la zone un.
Visite sympa, mais bon, les fauves, faut être connaisseur. Pour ma part, sorti d’un bon ragoût de chat, hein ?
C’est la zone trois la plus marrante. 
La visite vaut le détour, et je vous y invite ci-après :
Le père Moctézuma, en bon esthète de l’art qu’il est, s’est constitué une putain de collection de tout ce qui peut se trouver comme monstruosité humaine. Ça va du plus classique nain, jusqu’au monstre difficilement identifiable, de l’albinos le plus blanc au nègre le plus noir, du bossu de Notre-Dame à Elephant-man. C’est tellement pire que je le soupçonne d’avoir fait fabriquer quelques prototypes uniquement pour sa collec’. Il y en a des qui sont visiblement nés comme ça et d’autres qui paraissent avoir eu une enfance difficile. 
Vous voulez une femme à deux têtes : il a. 
Un enfant sans bouche et qui mange par l’anus (de la soupe uniquement, sans sel et avec une paille) : il a. 
Une paire de jumelles avec étui et courroie, soudées par le clitoris, il a. 
Un homme à cinq bites avec un gant comme slip, il l’a depuis peu. 
L’homme poisson avec sa raie sur la tête est actuellement chez le coiffeur et ne devrait pas tarder à rentrer (à la nage). 
Un homme à tête de chou, il a. 
Une fabricante de pipes aux dents branlantes, il a. 
Un noir à trois jambes qui bat tout le monde à la course, il a.
Une femme à barbe, une femme à poil, il a aussi.
L’homme-grenouille qui a toujours la raie nette, c’est ici. L’homme-pélikangourou avec une poche ventrale sous le bec, c’est ici aussi. L’homme-tronc qui grimpe aux arbres, la femme-sangsue qui te suce jusqu’au sang, la femme à lunette qui a une quéquette, l’homme-clé qui ouvre toutes les serrures, l’homme à tout faire qui fout rien, c’est tout ici.
Chacun de ces malheureux ne semble pas malheureux, disposant d’une chambre individuelle et d’une cohorte de serviteurs/serviteuses à son service. D’ailleurs l’une d’elle s’occupe, agenouilée, du noir à trois jambes mentionné plus haut. En fait c’est pas une jambe, celle du milieu. Simplement, il court vraiment très vite et c’est pour ça qu’il gagne tout le temps.
On traîne un bon moment parmi les cages, essayant de nouer par-ci par-là un improbable dialogue avec l’une ou l’autre de ces créatures. 
Bon allez, on rentre au palais, j’ai une insurrection Aztèque à gérer. (...)"


Moctézuma exhorte ses sujets au calme
depuis le balcon de la résidence de Cortés à Tenochtitlán-México.
Il sera mortellement blessé à la tête par une pierre.
Museo del Virreinato, Tepozotlán.

Pour info : 
"Le premier « zoo humain » en Amérique semble être celui de Moctezuma à Mexico, qui, en plus d'exhiber de vastes collections d'animaux, montrait aussi des êtres humains anormaux : albinos, nains, bossus."

Torre Latino Americana

Gratte-ciel en acier du Centre Historique de México, achevé en 1956, ce qui en faisait la plus haute construction du Mexique avec ses 183 m (204 m avec la flèche).

Construit à l'emplacement du zoo privé de Moctezuma, c'est le siège historique d'une compagnie d'assurance qui n'occupe que 5 des 44 étages.

Le dernier étage est le Mirador, d'où l'on a une chouette vue à 360° sur la ville.
Deux musées dans les derniers étages : le musée de la Tour et le musée du Bicentenaire.
Construite suivant les normes antisismiques qui n'existaient pas à l'époque, la Tour a résisté au séisme de 1985 (8,5 sur l'echter). 
Vue depuis la rue piétonne Francisco I. Madero


Structure acier
Tremblement de terre de 85

Un chantier de longue haleine : le lavage des carreaux (extérieur)
Vue sur le Zócalo (cliquez)