La terre a tremblé au Guatemala, séisme ressenti jusqu'à Mexico et au Salvador.
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Remarquez, ça tremble un peu partout tous les jours :
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Le Mexique est un pays dont j'ai fait la connaissance en 1995, par hasard. Et depuis, je suis resté coincé.
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lundi 12 novembre 2012
jeudi 8 novembre 2012
Juego de Pelota
L'idée m'a pris de vous parler du "Jeu de Balle", célèbre dans les territoires mésoaméricains.
Un jeu qui n'en était pas un, et qui jouait un rôle tant social que religieux.
Et lors de ma recherche documentaire, je n'ai rien trouvé de mieux que le texte que je vous livre ci-dessous, tiré du superbe roman "Moi, Hernán Cortés" d'Albert Staline, Tome 1.
Les images ont été ajoutées par ma pomme, piochées sur la toile.
(...) C’est un jeu tordant, faut que je vous raconte.
Un jeu qui n'en était pas un, et qui jouait un rôle tant social que religieux.
Et lors de ma recherche documentaire, je n'ai rien trouvé de mieux que le texte que je vous livre ci-dessous, tiré du superbe roman "Moi, Hernán Cortés" d'Albert Staline, Tome 1.
Les images ont été ajoutées par ma pomme, piochées sur la toile.
(...) C’est un jeu tordant, faut que je vous raconte.
Grosso modo, on dirait un peu une partie de foot, sauf que
les cages sont en hauteur. Je m’explique :
Sur un terrain de dimensions respectables, quelque chose
comme cent mètres sur trente, deux équipes s’affrontent. Le terrain est entouré
de murailles d’une dizaine de mètres de hauteur, au sommet desquelles sont
juchés les spectateurs excités.
À six mètres du sol et sur chacun des murs les plus longs,
se font face deux anneaux de pierre, percés en leur centre d’un orifice
circulaire d’une vingtaine de centimètres de diamètre. Les deux équipes, une
dizaine de joueurs dans chaque camp, différenciés par la dominante colorée de
leur pagne, jouent avec une balle ronde en caoutchouc.
Comme vous l’avez deviné, le but de la partie est d’envoyer
cette balle au travers des anneaux. La où ça se complique, c’est que les mecs
ne peuvent toucher la balle qu’avec les pieds, les genoux, les hanches ou la
tête, vous mordez le topo ?
![]() |
Notez les deux anneaux en hauteur |
C’est un bordel indescriptible !
Ça saute, ça tombe, ça se bouscule dur et quelques mauvais
gestes ne sont même pas sifflés par l’arbitre parce qu’il n’y en a pas. Les
mecs y vont fort et n’hésitent pas à s’agresser physiquement, il y en a même un
qui perd un œil dans l’affaire et qui continue à jouer en mono.
Au bout d’une demi heure de jeu, aucun but n’a été marqué,
vous pensez bien. Par contre les joueurs, eux, sont marqués et salement ! Je
n’en vois pas un d’intact et le sang coule à flot sur les corps musclés et
semi-dénudés. Ils jouent comme si leur vie en dépendait, ce qui est bien le
cas, car l’équipe perdante perdra aussi la vie par décapitation de groupe. Les
vainqueurs auront l’insigne honneur de ramener à la maison une tête toute
fraîche, symbole de leur victoire. Je ne sais pas ce qu’ils en font, peut-être
qu’ils la mangent ?
![]() |
Comme au foute, pas le droit de mettre les mains |
Au bout d’une heure, toujours zéro-zéro. Le rythme de la
partie s’essouffle et les spectateurs déchaînés sifflent et jettent des pierres
sur les joueurs. Ceux-ci sont en piteux état et leur effectif a quelque peu
diminué. Au sol, joyeusement piétinés par leurs coéquipiers, gisent trois
joueurs rouges et deux jaunes, ce qui donne un avantage non négligeable aux
jaunes. Cependant les rouges paraissent plus frais et compensent le surnombre
de leurs adversaires par une stratégie de jeu plus dynamique. Les passes sont
plus précises et les tirs plus nombreux quoique sans résultat.
Finalement, sur une tête confondante de précision et une
magnifique reprise de volley de l’extérieur du pied gauche, les rouges
inscrivent le but salvateur (c’est le cas de le dire).
La foule est déchaînée et certains tombent des gradins en
s’occasionnant de multiples fractures.
La partie se termine dans une cohue indescriptible, les
vainqueurs ensanglantés sont portés en triomphe et les perdants immédiatement
mis à mort dans une ambiance de fête foraine.
Seuls les prêtres se réunissent dans le calme et commentent
le match avec des airs de conspirateurs.
Décapitation manuelle du perdant |
En fait, ils prévoient tout simplement
de quoi demain sera fait sur la base de la course complexe du ballon durant ces
deux heures de match, prolongations incluses. Nous, en tout cas, on s’est bien
marré. (...)
C'était quand même autre chose que notre jeu de baballe-dollar actuel, hein?
dimanche 4 novembre 2012
Xokoatl
Xokoatl, c'est le mot Nahuatl (langue des Aztèques), qui se prononce chocoat'l et qui a donné le terme actuel de chocolat.
On rencontre aussi le mot Kakauatl, qui désigne le cacao.
Car c'est effectivement de l'ancien Mexique que nous vient le chocolat (et non de chez Jeff de Leonidas, héhéhé).
A l'époque, il ne s'agissait pas de petites bouchées gourmandes délicieusement arômatisées de multiples façons souvent snobinardes, mais d'une boisson plus ou moins épicée une fois la préparation (séchage/grillage) mélangée avec de l'eau, voire d'une monnaie d'échange sous sa forme de cabosse (fruit du cacaoyer, contenant les graines).
Je peux faire des phrases plus longues sur demande.
Les Mayas s'en attribuent la découverte dans leur livre sacré, le Popol Vuh, par le biais d'une charmante légende :
Un des héros de la mythologie Maya, Hun Hunaphu fut décapité par ses ennemis et sa tête accrochée dans un arbre, à la manière d'une boule de Noël.
Comme vous vous en doutez, petits malins comme je vous connais, l'arbre donna illico du chocolat. Pas en tablettes, hein, en cabosses.
De plus la tête sectionnée cracha sur une jeune fille, lui offrant une fertilité inespérée.
C'est ainsi que le chocolat fut associé chez les mayas à la fertilté et qu'il est encore de nos jours indispensable à la cérémonie prénuptiale.
Avant les Mayas, les Olmèques ont laissé des traces de leur consommation de chocolat dans des vestiges de poteries. Cette civilisation a sévi du Mexique au Costa-Rica, dans les années 1 200 / 500 AVJC.
C'est-à-dire qu'il y a 2 500 ans, les améridiens buvaient déjà du cacao au petit déjeuner, mais n'avaient pas encore découvert le croissant au beurre.
Lorsque je consomme du chocolat-boisson au Mexique, il est traditionnellement servi très dilué, aromatisé genre vanille et parfois assez pimenté.
Note Hors sujet : Le café, autre production locale, est tellement dilué/insipide qu'il en devient difficilement consommable par un amateur européen.
La ville de Oaxaca au Mexique s'est plus-ou-moins autoproclamée "Capitale Mondiale du Chocolat".
Il faut reconnaître que les fabriques y sont nombreuses, leur chocolat excellent et leur sauce mole (à base de chocolat) tout autant.
Voici un bel objet en provenance directe de Oaxaca via le Yucatán où il m'a été offert par de gentils amigos.
Il s'agit d'une touillette à chocolat, plus connu sous le nomde MOLINILLO (merci Cousin de me l'avoir remémoré), faite d'une tige de bois pyrogravée, entourée d'anneaux multiformes du même bois, bien sûr, puisque le tout est constitué d'une seule pièce.
L'usage recommandé est de plonger l'outil dans le breuvage en cours d'ébullition, de saisir le manche entre les deux mains et d'opérer un mouvement de va-et-vient afin de créer dans le liquide un tourbillon générateur de mélangeage et de moussage.
Vous voyez le truc ?
Pour vous dire que ce n'est pas un gadget touristique, je me suis servi d'un outil similaire à San Miguel de Allende pour touiller le chocolat qui accompagne dignement la Rosca de Reyes (Galette/Pogne des rois, 6 janvier, Epiphanie).
Tout ça pour vous dire qu'en ce moment, c'est le
On rencontre aussi le mot Kakauatl, qui désigne le cacao.
Car c'est effectivement de l'ancien Mexique que nous vient le chocolat (et non de chez Jeff de Leonidas, héhéhé).
A l'époque, il ne s'agissait pas de petites bouchées gourmandes délicieusement arômatisées de multiples façons souvent snobinardes, mais d'une boisson plus ou moins épicée une fois la préparation (séchage/grillage) mélangée avec de l'eau, voire d'une monnaie d'échange sous sa forme de cabosse (fruit du cacaoyer, contenant les graines).
Je peux faire des phrases plus longues sur demande.
Les Mayas s'en attribuent la découverte dans leur livre sacré, le Popol Vuh, par le biais d'une charmante légende :
Un des héros de la mythologie Maya, Hun Hunaphu fut décapité par ses ennemis et sa tête accrochée dans un arbre, à la manière d'une boule de Noël.
Comme vous vous en doutez, petits malins comme je vous connais, l'arbre donna illico du chocolat. Pas en tablettes, hein, en cabosses.
De plus la tête sectionnée cracha sur une jeune fille, lui offrant une fertilité inespérée.
C'est ainsi que le chocolat fut associé chez les mayas à la fertilté et qu'il est encore de nos jours indispensable à la cérémonie prénuptiale.
Avant les Mayas, les Olmèques ont laissé des traces de leur consommation de chocolat dans des vestiges de poteries. Cette civilisation a sévi du Mexique au Costa-Rica, dans les années 1 200 / 500 AVJC.
Lorsque je consomme du chocolat-boisson au Mexique, il est traditionnellement servi très dilué, aromatisé genre vanille et parfois assez pimenté.
Note Hors sujet : Le café, autre production locale, est tellement dilué/insipide qu'il en devient difficilement consommable par un amateur européen.
La ville de Oaxaca au Mexique s'est plus-ou-moins autoproclamée "Capitale Mondiale du Chocolat".
Il faut reconnaître que les fabriques y sont nombreuses, leur chocolat excellent et leur sauce mole (à base de chocolat) tout autant.
Voici un bel objet en provenance directe de Oaxaca via le Yucatán où il m'a été offert par de gentils amigos.
Il s'agit d'une touillette à chocolat, plus connu sous le nomde MOLINILLO (merci Cousin de me l'avoir remémoré), faite d'une tige de bois pyrogravée, entourée d'anneaux multiformes du même bois, bien sûr, puisque le tout est constitué d'une seule pièce.
L'usage recommandé est de plonger l'outil dans le breuvage en cours d'ébullition, de saisir le manche entre les deux mains et d'opérer un mouvement de va-et-vient afin de créer dans le liquide un tourbillon générateur de mélangeage et de moussage.
Vous voyez le truc ?
Pour vous dire que ce n'est pas un gadget touristique, je me suis servi d'un outil similaire à San Miguel de Allende pour touiller le chocolat qui accompagne dignement la Rosca de Reyes (Galette/Pogne des rois, 6 janvier, Epiphanie).
Tout ça pour vous dire qu'en ce moment, c'est le
Salon du Chocolat à Paris
© BB, notre envoyée-spéciale sur place :jeudi 1 novembre 2012
Pan de Muerto
En Nahuatl : Miquiztlaxcalli.
Le Pain de Mort est une spécialité rituelle du Día de Muertos.
Le reste de l'année, yen a pas.
C'est une sorte de pain brioché, parfois saupoudré de sésame et parfumé à la fleur d'oranger.
On le consomme sur la tombe du Feu ou près de l'autel familial.
Ces brioches sont de taille variable et souvent décorées de motifs en forme d'os qui symbolisent le disparu et d'une larme qui symbolise le chagrin. On retrouve cette coutume dans presque tout le Mexique, avec des variantes.
Par exemple, du côté de Puebla, le pain est le même que celui habituellement cuit "à la française" (le bolillo) mais on lui donne à cette occasion une forme humaine. Saupoudré de sucre rouge pour les morts adultes et blanc pour les enfants.
mercredi 31 octobre 2012
Allôôôô, ouine ? Ici Trouille...
lundi 29 octobre 2012
Maquiladoras
Les maquiladoras sont des usines d'assemblage bénéficiant de l'exonération des droits de douane.
Les produits bruts arrivent en majorité des US, sont assemblés au Mexique et retournent aux US.
Quand vous les achetez, ils sont "made in USA".
Au départ situées dans le désert à la frontière avec les US, on trouve maintenant des maquiladoras jusqu'à México.
Elles ont vu le jour à la fin des années 60, quand la compétition internationale forçait les entreprises américaines à réduire leurs coûts de fabrication, par exemple en décentralisant l'assemblage au Mexique, à vil prix.
On disait à l'époque que ce programme d'industrialisation frontalière bénéficiait "d'obligations allégées en matière de droit des travailleurs et de protection sociale".
Ce qui veut dire : La quasi totalité du personnel est féminin, très faiblement rémunéré, avec une absence totale de conventions collectives et de normes environnementales.
Vous pensez bien que cette aubaine a attiré depuis 50 ans les entreprises Américaines (et quelques autres).
Actuellement, ces mêmes entreprises ont tendance à abandonner ces usines d'assemblage Mexicaines, au mépris total des employés, pour se tourner vers les ressources offertes par des pays comme la Chine, encore mieux placés en termes d'ignorance du droit des travailleurs.
La photo ci-dessus montre les environs de Ciudad Juarez.
Dans les années 2000, on comptait plus de 3000 maquiladoras, représentant 1,3 millions d'employés, dans les domaines de l'électronique, l'automobile, le vêtement, le mobilier, le matériel médical...
Samsung, Pioneer, Sony... tout le monde sont là.
D'ailleurs, Tijuana a été surnommée Tivijuana.
C'est en 2004 que frappe le péril jaune : cette année, la Chine dépasse le Mexique en volume d'exportations vers les USA.
On les appelle "pays-ateliers", ce qui est une image bien parlante.
Un des problèmes liés aux maquiladoras est la pollution.
L'absence d'infrastructures fait que les usines rejettent leurs eaux usées un peu n'importe où, par exemple dans le système d'épuration municipal qui est bien incapable d'expurger l'acide, les métaux lourds et autres substances toxiques.
Les communautés indigènes vivant dans le désert n'ont donc plus accès à l'eau potable. Tout le monde le sait et tout le monde s'en fout.
Quand aux déchets solides, ils sont traités n'importe comment, mélangés aux déchets ordinaires, voire enfouis dans le désert.
A côté des fosses communes sauvages des narcos.
Les produits bruts arrivent en majorité des US, sont assemblés au Mexique et retournent aux US.
Quand vous les achetez, ils sont "made in USA".
Au départ situées dans le désert à la frontière avec les US, on trouve maintenant des maquiladoras jusqu'à México.
Elles ont vu le jour à la fin des années 60, quand la compétition internationale forçait les entreprises américaines à réduire leurs coûts de fabrication, par exemple en décentralisant l'assemblage au Mexique, à vil prix.
On disait à l'époque que ce programme d'industrialisation frontalière bénéficiait "d'obligations allégées en matière de droit des travailleurs et de protection sociale".
Ce qui veut dire : La quasi totalité du personnel est féminin, très faiblement rémunéré, avec une absence totale de conventions collectives et de normes environnementales.
Vous pensez bien que cette aubaine a attiré depuis 50 ans les entreprises Américaines (et quelques autres).
Actuellement, ces mêmes entreprises ont tendance à abandonner ces usines d'assemblage Mexicaines, au mépris total des employés, pour se tourner vers les ressources offertes par des pays comme la Chine, encore mieux placés en termes d'ignorance du droit des travailleurs.
![]() |
Logement ouvrier à Ciudad Juarez |
Cliquez à vos risques et périls...
Dans les années 2000, on comptait plus de 3000 maquiladoras, représentant 1,3 millions d'employés, dans les domaines de l'électronique, l'automobile, le vêtement, le mobilier, le matériel médical...
Samsung, Pioneer, Sony... tout le monde sont là.
D'ailleurs, Tijuana a été surnommée Tivijuana.
C'est en 2004 que frappe le péril jaune : cette année, la Chine dépasse le Mexique en volume d'exportations vers les USA.
On les appelle "pays-ateliers", ce qui est une image bien parlante.
Un des problèmes liés aux maquiladoras est la pollution.
L'absence d'infrastructures fait que les usines rejettent leurs eaux usées un peu n'importe où, par exemple dans le système d'épuration municipal qui est bien incapable d'expurger l'acide, les métaux lourds et autres substances toxiques.
Les communautés indigènes vivant dans le désert n'ont donc plus accès à l'eau potable. Tout le monde le sait et tout le monde s'en fout.
Quand aux déchets solides, ils sont traités n'importe comment, mélangés aux déchets ordinaires, voire enfouis dans le désert.
A côté des fosses communes sauvages des narcos.
samedi 27 octobre 2012
Fait d'hiver
Dimanche, on passe à l'heure d'hiver.
Maintenant,
je sais quand il faut avancer d'une heure et quand il convient de reculer :
Octobre, recule ta montre.
Avril, avance ta montre.
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